PASIPHAÉ

Le choeur de solistes de Mikrokosmos (récemment nommé Pasiphaé) est un ensemble professionnel à géométrie variable. En fonction de la nature des projets, le directeur artistique Loïc Pierre choisit parmi les chanteurs actuels du choeur de chambre Mikrokosmos et/ou parmi ses anciens chanteurs, celles et ceux qui pourraient convenir au projet "solistes" en cours.

OMBRES VIVES

En 2006, Mikrokosmos a créé "Ombres vives", un ciné-concert original pour lequel le choeur, sous l’écran et plongé dans une douce pénombre, prête ses voix à des films amputés de leur bande son. Dans ce spectacle insolite, les oeuvres chorales se mêlent à un collage de films de Fritz Lang ou Alfred Hitchcock, à quelques vieilles publicités burlesques ou quelques scènes d'anthologie empruntées à des films parlants.

 

"Ombres vives" provoque et interroge le regard du spectateur, tisse des liens entre l’iconographie souvent somptueuse des cinéastes invités et les univers harmoniques chatoyants des compositeurs sollicités. De cette association parfois provocatrice naissent alors oppositions et chocs de culture, synchronismes poétiques et dérives symboliques.

Pour ce spectacle a cappella, de nombreux compositeurs, français et étrangers, ont été sollicités. Si Bruno Régnier et Pascal Zavaro ont travaillé de concert sur plusieurs extraits du "Voleur de Bagdad" de Raoul Walsh, les compositeurs Aaron Jay Kernis, Ko Matsushita, Jukka Linkola et Thierry Machuel ont coloré une même publicité réalisée par le cinéaste d’animation russe Alexander Alexiev. Enfin, et pour se rapprocher de l’esprit trublion du Pop’Art, des musiques a cappella déjà écrites ont été collées sur quelques séquences anthologiques : Serge Rachmaninov et "Andréï Roublev" d’ Andréï Tarkovski, Bo Holten et "Metropolis" de Fritz Lang ou encore Alfred Hitchcock et Nicolas Bacri.

 

Maniés par les chanteurs, les 300 accessoires (sirènes, tuyaux d’orgue, papiers, tambours chinois, tôles, boites à manivelle, objets industriels, klaxons, kalimbas, crotales) qui composent le fol instrumentarium entourent la troupe et colorent ainsi quelques séquences étonnantes et jubilatoires tel un Méliès et "Le tonnerre de Jupiter", ou encore une héroïque attaque de Bagdad extraite du "Voleur de Bagdad" et confiée à 16 tambours chinois.

• Visionnez des extraits du spectacle "Ombres Vives" au Festival Polyfollia à Saint-Lô (23/10/14) •

FUGUE GÉOGRAPHIQUE - Court-Métrage

Tourné dans la chapelle de l’École Natio­nale Supérieure d’art de Bourges, avec les chanteurs Anne Le Goff, Marion Sarrazin, Lancelot Dubois et François Martin, sous la direction musicale de Loïc Pierre, le film "Fugue Géographique" propose une interprétation rythmique et visuelle de cette pièce musicale.

"Trinidad !
And the big Mississippi
And the town Honolulu
And the lake Titicaca,
The Popocatepetl is not in Canada,
Rather in Mexico, Mexico, Mexico !
Canada, Málaga, Rimini, Brindisi
Canada, Málaga, Rimini, Brindisi
Yes, Tibet, Tibet, Tibet, Tibet,
Nagasaki ! Yokohama !
Nagasaki ! Yokohama !"

Créée en 1930 par le compositeur autrichien Ernst Toch, la pièce musicale "Geographical Fugue" relève du sprechgesang, c’est-à-dire du parlé-chanté. Écrite pour quatre pupitres (soprano, alto, ténor et basse), sous forme de fugue, elle énumère des lieux géographiques (Canada, Málaga, Rimini, Brindisi…) à la manière d’une cartographie musicale. C’est une pièce rythmique, à la fois précise et drôle, qui provoque très souvent le rire par son caractère déconcertant. Écrite originalement en allemand ("Fuge aus der Geographie"), elle a été traduite par les compositeurs Henry Cowell et John Cage. Pièce de répertoire pour les chorales, "Geographical Fugue" est très célèbre aux États-Unis, souvent interprétée à la faveur des spectacles de fin d’année dans les conservatoires et les universités. Sans doute concilie-t-elle la drôlerie à un sens démocratique de la musique.

ÉRIK BULLOT, 2013

RETOUR À LA TERRE - MEREDITH MONK

En 2014, et suite à une résidence à la Meredith Monk House Foundation à New-York, Mikrokosmos a créé le spectacle "Retour à la Terre" avec l'artiste américaine à l'occasion de ses 50 ans de carrière.

Six jours de travail au cœur de la House Foundation of the Arts de Meredith Monk à New York pour 22 pièces a cappella à ciseler, tel était le point de départ de ce projet singulier en compagnie d’une artiste qui, dès les années 70, a profondément et intensément marqué la nouvelle musique américaine.

 

Les pièces, choisies par Meredith Monk et Loïc Pierre, brossent un portrait inédit de la compositrice et performeuse. Ce programme met aussi en valeur pour la première fois son répertoire a cappella. Enfin, c’est aussi une première européenne puisque Meredith Monk n’a jamais travaillé avec un autre ensemble a cappella que le sien pour un programme aussi dense et varié.

La résidence nous permit aussi de travailler avec les deux complices de toujours de Meredith Monk : Katie Geissinger, chanteuse et pédagogue ainsi qu’Allison Easter, chanteuse et responsable de l’édition papier gravée à notre intention.

Douze chanteurs plongèrent avec délice et fascination dans cet univers que le critique Guy Scarpetta décrit « comme quelque chose qui s’ouvre, qui semble provenir d’avant la langue, d’avant les paroles et peut-être même : ce que l’on doit oublier lorsque l’on apprend à chanter ». Mikrokosmos a toujours ciselé des mondes harmoniques souvent complexes avec le souci permanent de sculpter une empreinte acoustique et esthétique unique. Et donc de travailler sur une pureté du son à l’instar de ses modèles scandinaves. Avec Meredith Monk, ce sont des retrouvailles sensibles avec l’impureté de la voix avec des échos orientaux, africains, japonais, des voix de tous les âges (pépiements de petite fille, roulements rauques de vieil ogre), et qui pouvait se métamorphoser sans fin, se précipiter en piaillements, roucoulements, hululements, hurlements chavirés, halètements.

L’édition papier que l’on supposait comme un support classique, fiable et rassurant s’est avérée bien pauvre au regard des mondes vocaux dessinés par Meredith Monk. Et la transmission orale suggérée dès les premières minutes de la première répétition nous permit d’entrer de plein pied au cœur de la "Planète Monk".

 

Dès le deuxième jour, les 22 pièces étaient lues et les alchimies vocales s’apprivoisaient peu à peu. Restaient à dessiner « avec le corps » le parcours de ce « Retour à la Terre », titre choisi pour ce spectacle. Car Meredith Monk est aussi danseuse et performeuse. Et l’implication corporelle est indissociable de son univers vocal. Mouvements minimalistes des corps suggérant expressivité, répétitivité, brisure et architecture. Une véritable découverte pour la troupe Mikrokosmos peu habituée à fréquenter de tels territoires. Mais cette implication corporelle dévoilait et affirmait encore davantage l’originalité des langages vocaux de l’artiste américaine.

À l’issue de la résidence, et après un filage des 22 pièces, Meredith Monk nous confie sa joie de constater la belle réception et appropriation de son univers. 

LOÏC PIERRE, 2014

D'AMOUR ET DE FOLIE - YVES ROUSSEAU

Loïc Pierre dirige le chœur Pasiphaé, jeune ensemble toujours dédié à la création a cappella et dont les chanteurs sont issus du laboratoire choral Mikrokosmos. Après avoir créé des œuvres de Philippe Hersant, Bruno Coulais ou encore Bruno Regnier, Pasiphaé prêtera ses voix aux mots de la poétesse Louise Labé colorées par les notes enivrantes du compositeur Yves Rousseau.

Ce grand opus est né d’un coup de foudre d’Yves Rousseau lors de la création de la Nuit dévoilée à l'abbaye de Noirlac en 2013 par les 40 chanteurs de Mikrokosmos. Les volutes chorales spatialisées dans toute la nef de l’abbaye font vite germer un projet inédit pour Yves Rouseau et Loïc Pierre : la création d’un concerto pour saxophone et choeur intitulé D’Amour et de Folie avec Jean-Marc Larché pour lumineux soliste.

Mais l’architecture de cette soirée prend corps aussi avec deux rares opus a cappella dépourvus de texte qui encadreront D’Amour et de Folie. En guise de prologue, imprégné de douce répétitivité scandinave, Villarosa Sarialdi de Thomas Jennefelt ouvrira la soirée. Et l’abyssal et rare XIIème Psaume de la Repentance d’Alfred Schnittke viendra faire résonner mezzo voce les derniers mots de Louise Labé.

D'Amour et de Folie fut créé à l'abbaye de Noirlac le 25/06/16 et repris au château de Chambord le 11/07/17

Jean-Marc Larché – saxophone soprano

Pasiphaë – chœur mixte

Loïc Pierre – direction musicale

Yves Rousseau – musique

Louise Labé – textes

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now